Un delphinarium à Pairi Daiza ? « Une campagne mensongère et dénigrante de GAIA et d’autres associations »
Pairi Daiza explique vouloir proposer une solution de protection pour des cétacés en provenance de delphinariums appelés à fermer.
Ce mercredi, le Groupe d'Action dans l'Intérêt des Animaux (GAIA) a fait savoir que la Wallonie voulait réautoriser les delphinariums.
"Le gouvernement wallon s'apprête à voter la plus grave régression en matière de bien-être animal jamais connue en Wallonie. Le ministre du Bien-être animal, Adrien Dolimont (MR), a inscrit dans sa révision du Code wallon du Bien-Être Animal une mesure visant à réautoriser, par dérogation, la détention de cétacés. La disposition est à l'agenda du conseil des ministres de ce jeudi", indique GAIA.
L'association indique que la disposition du gouvernement wallon permettrait à Pairi Daiza d'accueillir ce type d'animaux. "La mesure profiterait à Pairi Daiza, sous couvert de création d'un " sanctuaire ". Mais un bassin en béton dans un zoo ne devient pas un sanctuaire parce qu'on le renomme. Un vrai sanctuaire se situe en mer, dans un espace naturel protégé, et vise à offrir aux dauphins déjà captifs des conditions de vie proches du milieu naturel", précise GAIA.
"Pairi Daiza n'ouvrira jamais de delphinarium"
Le parc animalier a réagi et dément formellement la création d'un delphinarium à Pairi Daiza. "Suite une campagne mensongère menée par l'association Gaia et d'autres organisations, Pairi Daiza souhaite rétablir clairement les faits en ce qui concerne le sauvetage de cétacés. Pairi Daiza n'a jamais eu l'intention d'ouvrir un delphinarium ni d'organiser des spectacles avec des dauphins ou d'autres cétacés. Et n'a pas plus cette intention aujourd'hui qu'hier. Pairi Daiza n'ouvrira jamais de delphinarium et n'organisera jamais de spectacle avec des cétacés.Toute affirmation contraire relève d'une campagne trompeuse qui entretient la confusion auprès du public", fait savoir Pairi Daiza.
Néanmoins, le parc animalier se dit prêt à aider les cétacés sans solution d'accueil. "Que faire des dizaines de cétacés qui vivent actuellement dans des delphinariums appelés à fermer en Europe et qui n'ont aujourd'hui aucune solution d'accueil pour leurs animaux ? Pairi Daiza salue à cet égard la réflexion à venir au sein du gouvernement wallon, car elle permettra d'évaluer des solutions réelles, au lieu d'entretenir des illusions. L'urgence, c'est le sort de ces animaux, pas les postures. Plusieurs dizaines de dauphins vivent aujourd'hui dans des delphinariums appelés à fermer dans les prochaines années. Pour eux, nés ou maintenus de longue durée sous soins humains, un retour en milieu naturel, quand bien même nous aimerions tous pouvoir le mettre en oeuvre, est impossible : leur survie serait gravement compromise, notamment en raison de facteurs immunitaires et comportementaux", ajoute le parc.
Les cétacés nés en captivité n'ont jamais appris à chasser. Ils dépendent de soins humains. Ils ne peuvent pas survivre seuls. Les relâcher, ce n'est pas les libérer. C'est les condamner.
Pour Antoine Lebrun, directeur général-adjoint de Pairi Daiza et directeur de la fondation Pairi Daiza, le parc défend la solution d'un refuge pour ces animaux. "Par une campagne calomnieuse, Gaïa trompe l'opinion en laissant penser qu'il est possible de relâcher des dauphins issus de delphinariums dans leur milieu naturel. C'est totalement faux. Depuis des années, tous les projets visant à relâcher ces animaux en milieu naturel se sont malheureusement soldés par des échecs. Tous. Les cétacés nés en captivité n'ont jamais appris à chasser. Ils dépendent de soins humains. Ils ne peuvent pas survivre seuls. Les relâcher, ce n'est pas les libérer. C'est les condamner. Cette réalité impose de regarder la situation avec lucidité. Les animaux concernés existent déjà. Ils ne disparaîtront pas parce que l'on décide de fermer certaines structures. Trois options seulement existent alors : transférer ces animaux vers d'autres établissements dans le monde où ils continueront à participer à des spectacles, procéder à leur euthanasie, ou leur offrir un refuge dans lequel ils pourront vivre dans les meilleures conditions possibles, sans exploitation à des fins de spectacle. La troisième voie est celle que nous défendons, c'est la seule alternative éthique permettant de leur offrir un cadre de vie stable et respectueux. Ce que Gaïa propose, c'est de laisser ces dauphins sans solution, pour la beauté de l'idée. Entre la beauté de l'idée et la beauté du geste, nous avons fait notre choix."
Une modification de la législation pour permettre la création d'un éventuel refuge à Pairi Daiza
Pairi Daiza explique que "l'ambition du parc est de proposer, si et seulement si toutes les garanties peuvent être réunies, une solution de protection pour des cétacés sans avenir ailleurs".
Le parc ajoute que trois principes guident sa réflexion :
- Des infrastructures conçues pour le bien-être des animaux : pas de spectacles, pas de pratiques contraires à leur nature, et un environnement adapté à leurs besoins biologiques, sociaux et comportementaux, pour leur offrir une vie stable et sereine.
- Une finalité utile et exigeante : la recherche et l'éducation, au service de la protection en mer. Mieux connaître ces espèces et sensibiliser les visiteurs est un levier concret, à l'heure où de nombreuses espèces de cétacés sont sous pression (pollutions, captures accidentelles, raréfaction des ressources, bruits sous-marin).
- Une gestion responsable et transparente : si un accueil devait être organisé, il s'inscrirait dans un cadre d'évaluation objective, de suivi vétérinaire et scientifique, et de concertation avec les parties prenantes, afin de garantir des groupes socialement équilibrés et un suivi de long terme.
J.C.